Coiffeurs Coloristes: Le compte pénibilité comment l’éviter.

Les deux grandes organisations patronales, Unec et CNEC, ont diligenté une étude sur la pénibilité du travail de coiffeur. Celle-ci a pour but de savoir s’il y a lieu de faire appel au COMPTE PENIBILITE  (devenu le compte de prévention en Octobre 2017) dans le cadre des salons de coiffure et, le cas échéant, comment.

Évoquons tout d’abord la difficulté du travail de coiffeur : métier de service, bien sûr, mais surtout métier manuel.

Le premier consistant à gérer la clientèle, à être toujours d’humeur égale et à répéter ce petit jeu théâtral tout au long de la journée. Nous vous renvoyons vers notre blog, plus léger, sur la gestion du client : Coiffeurs qu’est qui vous énerve chez vos clients .

Le deuxième impliquant son lot de contraintes qui font l’objet de ladite étude.

En comparaison aux autres professions on sera tenté de minimiser les risques.
Il y a en effet très peu d’accidents de travail (3 fois moins que la moyenne toutes activités confondues) source : Carsat Nord Pas de Calais.

Pourtant, si ceux-ci sont rares, l’employé n’est pas épargné par les maladies dites professionnelles, sur-représentées, elles. Il y en a pratiquement deux fois plus que la moyenne nationale.

Elles se classent en deux groupes principaux : les TMS (troubles musculo-squelettiques), pour 76%, et les eczémas et autres allergies (24%).

Pour sa part le rapport sur la pénibilité dans les salons a répertorié 4 risques principaux :

  • Les postures pénibles ne sont pas une fatalité et il existe des solutions pour en diminuer l’impact.

Il est recommandé d’être équipé d’un matériel adapté :
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– tabouret réglable en hauteur, voire équipé d’un dossier si nécessaire.giphy (1)

– fauteuil client réglable en hauteur et en inclinaison, commandé au pied.
– sèche-cheveux de moins de 600 gr.

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L’employeur pourra donc améliorer le quotidien de ses employés en s’équipant de matériel adéquate.

  • Les gestes répétitifs, qui trouvent leur parade par le biais d’une formation d’amélioration de la gestuelle, la plupart des problèmes venant d’une mauvaise position prise par méconnaissance des risques.

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Des stages de formation professionnelle seront une bonne parade à ce mal, même s’il ne peut être imputé au responsable.

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  • Le bruit, dont l’excès est dû à l’accumulation de musique et de vrombissement d’appareils électriques. Là encore, un bon matériel et une bonne ambiance dans le salon peuvent résoudre beaucoup de soucis.

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  • Les agents chimiques dangereux, qui sont de loin la plus grande menace, de par les maladies dermatologiques qu’ils provoquent.

Nous vous épargnerons les illustrations de leurs effets sur la peau, mais vous pouvez les consulter sur le lien de l’Atlas de dermatologie professionnelle (section coiffeur) si le cœur vous en dit.

 

Une simple recommandation, ressortant des conclusions de l’étude, permet de s’en protéger : la NÉCESSITE de porter des GANTS en nitrile. Ceux-ci doivent être fournis par l’administrateur du salon qui pourra se les procurer chez un spécialiste de l’usage unique qui pourra vous conseiller dans le choix.

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Le rapport patronal détaille finalement en quatre points la classification de ces risques en fonction des tâches qui incombent à l’employé, indiquant s’il impose ou non l’utilisation du compte pénibilité :

 

Tâche Protection

(gants en nitrile)

Situation de travail Seuil horaire Risque de pénibilité ACD

au titre du « risque cutané »

Coiffure FEMMES gants en permanence situation d’exclusion NON
absence de gants situation de travail 1 300h OUI
Coiffure HOMMES gants en permanence situation d’exclusion NON
absence de gants situation de travail 1 300h NON
Spécialisation TECHNIQUE gants en permanence situation d’exclusion NON
absence de gants situation de travail 1 300h OUI
SHAMPOOING et ACCUEIL gants en permanence ou crème protectrice et gants lors des rinçages de produits techniques situation d’exclusion NON
absence de gants situation de travail 1 300h OUI

La « situation de travail D’EXCLUSION » indique qu’il n’y a pas de contact avec des substances irritantes. Le travail n’est alors pas concerné par le risque cutané.
ACD : Agents Chimiques Dangereux.

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Caractère Coif’hygiène fabrique depuis 1993 des produits à usage unique pour la coiffure.

Nous pouvons vous conseiller dans le choix de vos gants (nitrile, poudré, latex). N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’information par téléphone 01.49.89.01.88 ou par internet info@coifhygiene.com

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Médecine du Passé – Thermes du futur [4/4 partie Le rhumatisme chronique]

Dernière partie de notre cours du Docteur Florand (1857-1927) éminence scientifique de l’époque.

Nous sommes allés chercher pour vous, dans les documents de la Bibliothèque Nationale de France, l’enseignement de cet homme qui était également le médecin de Clémenceau et exerçait à l’hôpital de Lariboisière.

Loin de vouloir donner un avis médical, nous pensions toutefois intéressant de raviver ces souvenirs oubliés pour comprendre la fascination qu’éveillaient ces thermes, ou simplement pour rappeler une tradition oubliée.

INDICATIONS CLINIQUES DES CURES HYDROMINERALES ET CLIMATIQUES DANS LES MALADIES DE LA NUTRITION (diabète, Goutte, Rhumatisme chronique) du Docteur Antoine FLORAND (médecin à l’hôptial de Lariboisière).

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Ce cours donne une liste de cures thermales en fonction du caractère propre au malade.

Nous avons déjà vu les cas de diabète, d’obésité, de la goutte. Nous voyons la partie la plus importante et toujours utilisée: Le traitement du rhumatisme chronique par les cures thermales.

 

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.

[…]

Prise au début, la polyarthrite déformante est susceptible, sous l’influence du traitement hydro-minéral, sinon de régression tout au moins d’arrêt, tandis que plus tard le traitement pourra devenir tout à fait inutile et tout au plus susceptible de diminuer les douleurs.

A ces malades du début, s’il s’agit d’hommes relativement jeunes, de 30 à 40 ans, de souche arthritique surtout goutteuse, à vie sédentaire avec écarts de régime, à troubles digestifs avec tendance à l’hypertension artérielle, présentant déjà des douleurs articulaires d’abord passagères, fugaces, mobiles, mais entraînant déjà une impotence fonctionnelle relative avec tendance à la raideur, on prescrira une cure de Vichy ou de Pougues pour combattre les troubles dyspeptiques, une cure de diurèse à Évian, Thonon, Vittel, Contrexéville, Martigny, Capvern pour combattre la mauvaise épuration urinaire ; une cure à Bains les-Bains, Luxeuil, Néris, Plombières, Bourbon-Lancy pour calmer les douleurs articulaires.

Plus souvent peut-être, vous vous trouverez en présence de femmes à la période de la ménopause présentant des douleurs vagues de très grande mobilité, ou bien, au contraire, des douleurs d’abord localisées aux genoux, avec épanchement léger et craquements, puis s’étendant bientôt aux articulations des phalanges des mains avec prédominance dans l’articulation métacarpo-phalangienne des pouces.

Enfin, une dernière forme de la maladie sera constituée par le rhumatisme déformant sénile, qui arrive après 50 ans chez des individus à santé toujours assez bonne qui, sans crise douloureuse très nette, arrivent d’une façon lente et progressive à des déformations articulaires n’entraînant jamais une impotence trop accusée.

Telles sont les variétés du rhumatisme chronique par troubles de nutrition dont nous avons à envisager la thérapeutique thermale, et cet exposé clinique était nécessaire pour nous permettre de poser les indications de cette médication.

[…]

Dans le rhumatisme chronique, […] le malade subit un traitement presque uniquement basé sur le bain ou la douche, et l’ingestion d’eau passe, quand elle est jugée utile, au second plan. Ces eaux sont, bien entendu, toutes thermales à des degrés assez différents, et on peut les diviser en trois grandes classes : les eaux sulfureuses, les eaux chlorurées sodiques bicarbonatées mixtes ou bicarbonatées sodiques, hyperthermales, radioactives, et enfin les boues végéto-minérales sulfureuses ou non.

Toutes ces eaux, très anciennement connues et très anciennement utilisées aussi, semblent agir à la fois sur le terrain et sur les symptômes douloureux.

Les eaux sulfureuses, très nombreuses dans les régions montagneuses de la France, surtout dans les Pyrénées, sont celles qui ont été le plus, anciennement employées dans le rhumatisme.

Luchon

Dans ces dernières années, on a montré le rôle particulièrement résolutif et sédatif dévolu au soufre dans le traitement des rhumatismes chroniques. La pratique avait précédé la théorie ; l’une et l’autre sont d’accord maintenant.
En tête des eaux sulfureuses tout à fait indiquées, il faut citer les deux grandes stations pyrénéennes, Cauterets et Luchon.

Parmi celles qui se sont pour ainsi dire spécialisées, il convient de placer Barèges, Bagnères-de-Bigorre, Ax-les-Thermes et Dax.

 

barègeBarèges, la station la plus élevée de France (1.250 m.), la plus chaude et la plus chargée en monosulfure de sodium, est la plus énergique tant par ses bains de piscine et de vapeur que par ses irrigations et ses douches.

On y enverra surtout les arthrites déformantes datant de longtemps et rebelles à tout traitement, en ayant bien soin d’éviter d’y envoyer le rhumatisme qui, de près ou de loin, peut se rapprocher de la goutte.

On emploiera aussi en applications locales la Barégine, produit très complexe étudié récemment par MOLINÉRY et DUFRÉNOY, et constituée en partie par des algues dites sulfureuses qui, après avoir absorbé du soufre, en excrètent à leur tour, et ce soufre est doué de propriétés diastasiques.

La haute altitude de Barèges, en favorisant les échanges respiratoires, en augmentant les déchets uréogéniques, aide ainsi à l’action modificatrice des eaux.

A Bagnères-de-Bigorre, on enverra les arthrites douloureuses, les rhumatismes chroniques encore rapprochés de leur stade aigu, ceux dont les localisations encore mal établies font que le malade souffre tantôt d’une articulation tantôt d’une autre.

La sédation est la note dominante de Bagnères-de-Bigorre.

Le rhumatisant goutteux chronique aux grosses déformations et tendance ankylosante se trouvera mieux à Ax-les-Thermes, qui présente la gamme la plus complète, avec ses soixante sources, des eaux thermales et hyperthermales sulfurées sodiques.

Aix-les-Bains, avec ses deux sources à débit considérable, son établissement modèle remarquablement organisé, convient beaucoup plus au rhumatisme chronique succédant au rhumatisme articulaire aigu et aux manifestations douloureuses abarticulaires, aux douleurs névralgiques, névritiques et musculaires, au rhumatisme goutteux à une période très éloignée des accès, aux suites des arthrites infectieuses qu’au rhumatisme chronique proprement dit.

Enfin, pour en terminer avec les eaux sulfureuses très chaudes dans lesquelles on pourra envoyer les rhumatisants chroniques, signalons Bagnols-de-Lozère et Vernet-les-Bains, stations dans lesquelles l’installation laisse un peu à désirer et qui, peut-être pour cette raison, sont moins fréquentées.

Dax

Dax, eau hyperthermale sulfatée calcique, ayant l’immense avantage d’avoir son établissement ouvert toute l’année, peut à bon droit revendiquer la première place parmi les stations françaises et même étrangères dans le traitement du rhumatisme chronique sous toutes ses formes.

Vous savez tous que la caractéristique des pratiques thermales de Dax, sa raison d’être pour ainsi dire, est la fangothérapie ou le traitement par les boues.

Ces boues végéto-minérales, dont nous n’avons pas ici à donner la composition, sont noirâtres, douces au toucher, onctueuses et dégagent une odeur peu prononcée d’hydrogène sulfuré. Elles paraissent être le siège de décompositions et de phénomènes d’ordre végétatif et chimique, aussi bien que de radio-activité très appréciable, qui leur donnent leurs propriétés thérapeutiques.

Elles sont données en bains entiers ou demi-bains, en bains partiels, en applications locales appelées aussi illutations.

A Dax, enfin, on peut faire une cure de boisson d’eau sulfatée calcique qui facilite, par sa diurèse, l’élimination des déchets organiques mobilisés par la pratique du traitement externe.

On aura bien soin d’envoyer à Dax les malades sortis d’une période aiguë et on devra les prévenir que le traitement produira souvent chez eux, au début, une excitation générale de tous les organes, d’où des congestions passagères et du réveil de la douleur. Bientôt la douleur cessera ; mais il faudra attendre parfois un temps assez long pour arriver à la diminution des exsudats, à la résorption graduelle des épanchements, à la réapparition des fonctions musculaires.

Saint-Amand-les-Eaux, dans le Nord, est également une station de boues végéto-minérales sulfureuses et ferrugineuses qui possède une action sédative et résolutive puissante dans toutes les formes du rhumatisme chronique, quelle que soit son ancienneté, quel que soit aussi l’âge des malades. 

Barbotan, dans le Gers, est une des quatre stations françaises où sont utilisées les boues végéto-minérales en combinaison avec les eaux sulfureuses et carbo-gazeuses et des eaux froides ferrugineuses contre le rhumatisme chronique

Il nous reste à étudier maintenant les eaux thermales chlorurées sodiques, leur action générale sur le rhumatisme chronique, les variétés de cette affection qui peuvent y être envoyées, les indications spéciales de chacune de ces stations. Quelques-unes d’entre elles tiennent la première place ; on les rencontre surtout dans le Plateau Central et les Vosges.

Bourbon-Lancy, avec sa faible minéralisation, a des propriétés radio-actives importantes dans les gaz émanés des sources et dans l’eau elle-même.

C’est la station la plus riche en gaz rares. Son action générale est la sédation et la stimulation douce, en même temps que la régularisation circulatoire et l’influence euthropique.

On enverra donc surtout à Bourbon-Lancy le rhumatisme primitivement chronique, avec déformation des jointures, surtout s’il s’offre sous une forme irritable et douloureuse, s’il présente des poussées subaiguës fréquentes et enfin, par-dessus tout, s’il y a coexistence, chez le malade, de lésions organiques bien compensées du cœur et des vaisseaux.

 

bourbon lancy

Il existe à Bourbon-Lancy une source, celle de la Reine, qui, ingérée même en petite quantité, est un adjuvant précieux du traitement externe administré sous forme de bains, douches sous-marines, bains de vapeurs et d’étuve à 48°, permettant d’utiliser au maximum les effets électriques et radioactifs, de l’eau sortant du griffon.

Bourbon-l’Archambault, plus minéralisée que Bourbon-Lancy, comprend presque uniquement un traitement externe. Ses eaux sédatives et radio-actives conviennent surtout aux rhumatisants hyperesthésiques, aux congestifs ayant besoin cependant d’une action stimulante. Les anémiés, les affaiblis, les gens âgés et les enfants s’en trouvent particulièrement bien.

A Bourbonne, dont les eaux sont encore plus chlorurées et plus chaudes, on enverra les rhumatisants qui ont besoin d’une stimulation générale plus vive suscitant dans les foyers inflammatoires périarticulaires des hyperémies actives et entraînant par la suite des actions résolutives, libératrices et réparatrices.

bourbonne

Bourbonne est la station des états les plus chroniques, des arthrites plastiques, ankylosantes, ou des vieilles hydarthroses.
Elle aide à la réduction des hyperostoses, des nodosités d’Héberden. Elle combat les atrophies consécutives aux arthrites, les névrites qui en dépendent.

Les eaux d’Évaux exercent une action nettement sédative sur les phénomènes douloureux du rhumatisme chronique, mais elles calment sans déprimer et leur action tonique est aussi indéniable que leur action sédative. Elles conviennent surtout aux rhumatisants chroniques ou goutteux, un peu torpides, qui ont besoin d’être calmés et tonifiés. Il faut éviter d’y envoyer les artérioscléreux hypertendus.

Sur Néris, on dirigera surtout les rhumatisants d’origine tropho-névrotique, ceux qui se manifestent par des douleurs particulièrement rebelles, avec insomnie, excitation du système nerveux. On évitera d’y envoyer les déprimés, les malades atteints de fatigue générale. La cure y consiste surtout en bains prolongés.

Les eaux de Plombières seront réservées à certaines formes de douleurs périarticulaires prolongées coïncidant avec des troubles intestinaux d’origine spasmodique.

A Luxeuil et à Saint-Nectaire, on enverra des formes légères, des arthralgies prolongées sans modification des tissus.

 

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A Lamalou-les-Bains, on enverra les rhumatisants chroniques présentant également des algies diverses. Ses eaux très sédatives conviennent surtout aux malades excitables, éréthiques, chez lesquels il faut surtout amener le soulagement de la douleur.

 

 

Dans le département de l’Hérault, non loin de Lamalou, se trouvent les eaux chlorurées sodiques chaudes de Balaruc. Les bains de boue constituent la base du traitement.

Ces boues médicales sont préparées avec de la vase extraite de l’étang de Thau. Cette vase est déposée ensuite, avant son emploi, dans le courant de l’eau thermale, pendant plusieurs mois. Les boues ne sont utilisées qu’en applications locales.

Les bains de boue constituent contre le rhumatisme chronique un agent de révulsion, de dérivation, de décongestion et, par le fait même, de résolution.

Les bains de boue de Balaruc s’adressent aux sujets mous, torpides, lymphatiques ou très anémiés.

Nous avons terminé, Messieurs, cette énumération forcément incomplète des indications hydro-minérales dans les maladies de la nutrition : diabète, goutte, obésité, rhumatisme chronique.

[…]

Je vous remercie, Messieurs, d’avoir bien voulu écouter cette leçon. J’espère qu’elle sera parfois profitable. Dans tous les cas, j’apprécie hautement l’honneur qui m’a été fait.

FIN

 

 

 

 

 

 

 

Médecine du Passé – Thermes du futur [3/4 partie La goutte]

Maladie des rois, la goutte est maintenant bien mieux soignée qu’elle ne l’était avant-guerre, mais toujours pas guérie.

Selon une étude de 2013 présenté par le Pr Thomas Bardin de l’hôpital de Lariboisière, 600.000 personnes sont atteintes en France.

Revenons à notre docteur Florand (1857-1927), lui aussi de l’hôpital de Lariboisière mais donnant un cours en 1922, et comment il traitait la goutte.

Nous avons déjà vu dans les exposés précédents le traitement du diabète par les cures thermales et dans une deuxième partie le traitement de l’obésité par les eaux thermales.

Là encore nous apprenons que chaque patient, en fonction de son caractère, doit être orienté vers un ou un autre therme.

Voici le texte sans modifications. Nous vous rappelons que ce texte est un témoignage. Les connaissances ont évolué et il ne serait servir d’avis médical mais d’une base de réflexion sur l’état de nos connaissances actuelles et oubliées.

Ce texte est consultable sur le site de la Bibliothèque nationale et porte le nom de :

INDICATIONS CLINIQUES DES CURES HYDROMINERALES ET CLIMATIQUES DANS LES MALADIES DE LA NUTRITION (diabète, Goutte, Rhumatisme chronique) du Docteur Antoine FLORAND (médecin à l’hôpital de Lariboisière).

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[..]

GOUTTE

Tout autres sont les indications hydro-minérales de la goutte, et de nombreuses stations réclament le privilège de la modifier, voire même de la guérir.

Cependant, les eaux qui s’adressent à la goutte sont plus fréquemment utiles par la régularisation qu’elles apportent au fonctionnement d’organes particuliers que par leur action directe souvent hypothétique sur la nutrition générale.

 Le choix de la station thermale devra donc être guidé surtout par la nature et la localisation des troubles fonctionnels accusés par les malades. En tout état de cause, le goutteux n’ira aux eaux qu’après la disparition totale de l’attaque. S’il n’existe aucun reliquat articulaire, la cure de boisson suffira. Dans le cas contraire, on devra combiner la cure de boisson avec une cure thermale externe.

Le malade devra suivre ce traitement très lentement, progressivement, et ne pas se départir de l’hygiène habituelle du goutteux.

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 Le médecin devra toujours éviter à son malade une cure trop énergique constituée par des eaux fortement minéralisées, et, en particulier, des eaux sulfureuses, sauf celle d‘Aix-les-Bains, à sulfuration extrêmement faible. Il devra, dans tous les cas, s’assurer de la perméabilité rénale de son malade.

 Aux goutteux florides, à type gastro-hépatique ou hépato-intestinal, gros mangeur avec dyspepsie, à crises franches et espacées, on conseillera les eaux bicarbonatées ou sulfatées sodiques.

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Vichy vient en première ligne avec la Grande Grille, l’Hôpital, les Célestins, et on peut dire que, pendant une longue période du siècle dernier, les goutteux ont formé la partie importante de la clientèle de cette station.

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Plus tard, sous l’influence de certaines appréhensions au sujet de l’effet trop actif des alcalins, on s’est borné à envoyer à Vichy les goutteux sujets aux troubles gastriques intestinaux ou biliaires.

Aux mêmes indications correspondent les eaux de Vals, les eaux de Pougues à minéralisation moindre, celles de Châtel-Guyon et surtout celles de Brides-les-Bains, qui, par leurs effets à la fois laxatifs et diurétiques, les améliorent notablement en décongestionnant leur foie et leurs reins, en abaissant leur tension, en facilitant la résorption de leurs dépôts uratiques.

 vittelLes goutteux du type angio-néphrétique, qui présentent, à côté de crises articulaires typiques, des signes permanents d’auto-intoxication, des manifestations viscérales et cutanées légères mais durables, un peu d’hypertension, une insuffisance rénale atténuée, seront justiciables, au contraire, des eaux faiblement minéralisées des Vosges : Vittel, Contrexéville, Martigny, celles de Capvern et d’Aulus qui, puissamment diurétiques, réalisent un véritable lavage de l’organisme.

 L’élimination de l’acide urique et des urates augmente d’une façon notable, se fait par décharges intermittentes et se prolonge après la cure.

 Les calculs du rein ou de la vessie peuvent être partiellement solubilisés et expulsés. Les manifestations toxiques de la diathèse s’atténuent, la tension s’abaisse.

 La cure fera parfois la preuve de l’origine goutteuse de certaines manifestations d’origine discutable, telles que congestions pharyngées, manifestations bronchiques, troubles oculaires, migraines.

Il sera bon de la continuer à domicile dans l’intervalle des cures.

evian les bains

 

 Si la sclérose rénale est plus accentuée, on aura recours aux eaux d’Évian et de Thonon, à minéralisation à peu près nulle, mais assez fortement diurétiques et susceptibles de réaliser une cure de lavage utile.

 

 

 

 

Les goutteux du type névropathique tireront des eaux minérales un moins grand bénéfice que ceux des types précédents.

 Cependant, elles pourront encore leur être favorables en tonifiant et régularisant les fonctions de leur système nerveux. On les enverra à Néris, Plombières, Bagnères-dè-Bigorre. S’ils sont déprimés, s’ils sont hypertendus ou aortiques, on les dirigera sur Royat.

 Royat

Royat est, en effet, la meilleure station, la vraie cure pour les goutteux atypiques, aortiques, qui, au lieu de faire l’accès franc, présentent des troubles viscéraux, des troubles vasculaires, des bronchites alternant avec des poussées de glycosurie ou d’eczéma, de la dyspepsie flatulente.

 

S’ils ont de l’albuminurie goutteuse sans sclérose rénale, les eaux de Saint-Nectaire seront indiquées. Dans les cas d’anémie assez prononcée, les eaux de Forges et de Bussang sont propres à remonter l’état général fléchissant.

Ces eaux, susceptibles parfois de faire reparaître les poussées articulaires disparues depuis longtemps chez ceux qui n’ont plus que des manifestations viscérales, ont parfois, de par cette action, un effet favorable marquant un temps d’arrêt dans l’évolution de la maladie.

 La localisation particulière des accidents de la goutte peut ajouter des indications nouvelles à celles déjà fournies.

 Les déformations et les raideurs articulaires sans douleurs seront justiciables des eaux sulfureuses faibles ou, comme nous le verrons tout à l’heure, à propos du rhumatisme chronique, des eaux thermales chlorurées sodiques : Bagnoles de l’Orne sera indiquée dans les œdèmes et troubles circulatoires consécutifs aux phlébites goutteuses.

 Vous voyez, Messieurs, qu’il n’est pas de diathèse qui comporte plus d’indications hydro-minérales de toutes sortes.

 Il n’en est pas non plus, comme je l’ai déjà écrit, qui présente des manifestations plus variées.

 L’âge de la goutte, sa modalité clinique, la nature de ses manifestations symptomatiques, doivent toujours entrer en ligne de compte dans le choix d’une station thermale. Ses indications peuvent également varier avec les années.

Il sera souvent impossible de trouver, dans la même station, tous les éléments utiles à la guérison ou au soulagement des malades. Il sera parfois nécessaire de prescrire deux cures séparées par un intervalle de repos. Il faudra, dans tous les cas, tenir le plus grand compte de l’état du malade, de son degré de résistance, et ne pas risquer de lui faire perdre le bénéfice du moyen thérapeutique le plus efficace de cette diathèse.

 Il sera peut-être utile pour vous d’avoir un résumé des indications hydro-minérales dans la goutte, résumé que j’emprunte au traité de clinique hydrologique.

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Le candidat à la goutte ou neuro-arthritique devra être dirigé sur le Mont-Doré, la Bourboule, Royat, s’il présente des troubles respiratoires ;

à Uriage, à Saint-Gervais s’il présente des manifestations cutanées.

Les dyspeptiques, les sujets vigoureux iront à Vichy, à Vals ou au Boulou,

Les affaiblis à Pougues, aussi bien que les lithiasiques, qui pourront également être envoyés à Vittel, Évian, Contrexéville, Martigny.

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history of brides les bains Cure Bride Les Bains – Faladaninha.com

Les obèses iront à Brides, Châtel-Guyon, Santenay.

Les goutteux torpides qui présentent des séquelles de goutte articulaire iront à Aix-les-Bains, à Bourbon-l’Archambault.

On enverra les excitables à Plombières, Néris, Bourbon-Lancy, et ceux qui sont trop sensibles à l’action » des bains à Contrexéville, Vittel, Martigny, Aulus, Capvern.

Les goutteux cardio-rénaux se trouveront bien d’Évian, Vittel, Contrexéville, Martigny, Royat, Bourbon-Lancy.

 

 

 

 

Dans la goutte compliquée de troubles dyspeptiques précoces, on aura recours à Vichy, à Vail.
De pléthore abdominale, à Châtel-Guyon et à Brides ;
De dyspepsie tardive, à Pougues, Royat, Saint-Nectaire, Vittel, Évian,
Contrexéville, Aulus;
De congestion du foie, à Vichy, Châtel-Guyon et Brides ;
De gravelle urique, à Évian, Santenay, aux eaux des Vosges ;
D’albuminurie, à Saint-Nectaire et Évian ;
De glycosurie, à Vichy et Vais ;
D’asthme au Mont-Dore et à la Bourboule ;

De névralgies ou névrites ou de lésions articulaires ou musculaires, suivant le degré de résistance ou d’excitation : les premiers à Aix, Bourbon l’Archambault, Bourbonne-les-Bains ou aux boues de Dax, Saint-Amand, Barbotan ;

les seconds à Néris, Plombières, Bourbon-Lancy.

 […] à suivre….

Cette longue liste nous montre que de nombreux thermes traitaient cette maladie rhumatismale et surtout les eaux non sulfurées.

Dans la prochaine et dernière partie nous parlerons de la partie la plus importante de l’utilité des thermes à l’époque et d’aujourd’hui : le rhumatisme chronique.

Si vous avez des commentaires, si cela vous a aidé n’hésitez pas à mettre un j’aime et à engager une conversation avec nous.

 

Médecine du Passé – Thermes du futur [2/4 partie L’obésité]

Deuxième partie d’un cours de 1922 sur le choix des stations thermales, cette fois-ci au sujet du traitement d’un fléau bien actuel de la nutrition : l’obésité.

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Dans ce chapitre, le Docteur Florand (Médecin réputé de l’hôpital de Lariboisière en 1922) s’intéresse aux réponses à apporter face aux maladies dues au surpoids.

Moins polémique que le diabète, que nous avons vu dans notre précédent texte (« traitement du diabète par les eaux thermales« ), et contre lequel il a été montré que les soins thermaux ne pouvaient pas guérir le diabète car c’est une maladie chronique. Mais la cure thermal peut améliorer et stabiliser la maladie. Et surtout apprendre les bonnes pratiques de vie.

L’obésité, elle, est une part importante de l’activité des cures hydrominérales d’aujourd’hui.

Nous vous rappelons également que ces écrits de la BNF sont datés du début du siècle dernier et ne sont que le témoignage d’une médecine qui a évolué. Ils ne sauraient être considérés comme recommandations ni avis médicaux actuels, mais comme un témoignage du passé. Vous pouvez retrouver le texte intégral

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INDICATIONS CLINIQUES DES CURES HYDROMINERALES ET CLIMATIQUES DANS LES MALADIES DE LA NUTRITION (diabète, Goutte, Rhumatisme chronique) du Docteur Antoine FLORAND (médecin à l’hôptial de Lariboisière).

[…]

OBÉSITÉ

history of brides les bains Cure Bride Les Bains

history of brides les bains Cure Bride Les Bains – Faladaninha.com

Si Vichy est la principale indication hydro-minérale du diabète, Brides-les-Bains peut être considérée comme la station des obèses, en proclamant bien haut qu’il n’est pas de station minérale pour les obèses. Ils doivent avant tout, même aux eaux, suivre un régime et avoir une hygiène spéciale.

L’eau de Brides est une eau thermale sulfatée, sodique et magnésienne, chlorurée sodique et calcique. Elle est laxative, même purgative, à fortes doses, et avant tout cholalogue.

Elle provoque, dès le début de la cure, une diurèse abondante, abaisse rapidement la tension artérielle et décongestionne le foie.

On enverra surtout à Brides les obèses pléthoriques et florides à gros foie, à tension élevée.

La cure non seulement n’est pas déprimante, mais le malade éprouvera rapidement une sensation d’euphorie, avec réveil de l’activité morale et physique.

brides les bains

 

 

L’obèse atone, lui-même, avec surcharge graisseuse du coeur, se trouvera bien à Brides d’une cure dirigée avec une grande modération et aidée des bains carbo-gazeux de Salins-Moutiers ou de Châtel-Guyon.

 

 

 

 

evian les bains

 

A Vittel, on pourra envoyer les obèses à l’alimentation trop riche, à vie sédentaire, à terrain uricémique.

vichy

 

 

 

L’obèse arthritique sanguin, sujet aux indigestions stomacales et intestinales, aux débâcles biliaires, aux coliques hépatiques, se trouvera bien de Vichy s’il veut y prolonger sa saison au-delà des limites ordinaires de trois semaines.

 

 

 

 

 

Mais, encore une fois, la cure hydro-minérale sera, dans le cas d’obésité surtout, un complément venant agir sur le foie, sur l’intestin et permettant à l’obèse de mieux supporter sa cure de régime et d’exercice.

saint nectaire

 

 

 

L’obèse albuminurique ira à Saint-Nectaire ;

 

 

 

 

 

 

 

l’hypertendu artério-scléreux, à Royat.Royat

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[…]

A suivre….

 

Notre prochaine partie sera au sujet de la goutte. Mal qui fait toujours souffrir de nombreux hommes.

Là encore des eaux et thermes particuliers sont prescrits en fonction de l’état psychologique et physique de la personne, marquant encore une fois l’approche holistique de la personne.

 

 

 

 

 

Médecine du Passé – Thermes du futur [1/4 partie Le Diabète]

england-170402Nous avons tous entendu parler des cures thermales et de leurs vertus. Si les thermes existent depuis l’antiquité, ils ont depuis connu bien des évolutions jusqu’à nos jours.

Leur histoire modernes connaît son apogée avant la seconde guerre mondiale, alors que la pénicilline, les drogues et les médicaments modernes n’avaient pas encore été découverts. Ces établissements étaient alors souvent le seul moyen d’adoucir les maux qui pouvaient nous endolorir.

Leur popularité a ensuite décru face à l’apparition des médecines moderne, jusqu’à ce que se développent les médecines alternative et douce, rendant à ces temples du bien-être leurs lettres de noblesse.

Mais avant la seconde guerre mondiale, que traitait-on dans les thermes français ?

Le docteur Florand (1857-1927), éminence scientifique de l’époque, nous apporte certaines réponses dans le cours qu’il prodiguait aux médecins encore non formés aux vertus et bienfaits de chaque therme.

Nous sommes allés chercher pour vous, dans les documents de la Bibliothèque Nationale de France, cet enseignement de cet homme qui était également le médecin de Clémenceau et exerçait à l’hôpital de Lariboisière.

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Nous reproduisons ici des extraits bruts de ces écrits. Seuls des liens vers les thermes encore existants et ceux dont nous avons trouvé la trace ont été rajoutés au fil du texte.

Bien sûr, les découvertes faites dans le monde de la médecine aidant, certaines de ces théories peuvent depuis avoir évolué ou été rectifiées. Par contre le traitement holistique du patient était une évidence à l’époque.

La première partie traite du diabète qui était la grande spécialité de thermes tels que Vichy ou la Bourboule. De nos jours, ceux-ci ne traitent plus ces pathologies.

Certains vocables, comme les eaux radioactives ou arsénicales, peuvent paraître inquiétants : des caractéristiques qui fascinaient tant la médecine de l’époque. Mais leurs effets se sont avérés sans conséquences notables sur la santé par la suite.

Loin de vouloir donner un avis médical, nous pensions toutefois intéressant de raviver ces souvenirs oubliés pour comprendre la fascination qu’éveillaient ces thermes, ou simplement pour rappeler une tradition oubliée.

 

INDICATIONS CLINIQUES DES CURES HYDROMINERALES ET CLIMATIQUES DANS LES MALADIES DE LA NUTRITION (diabète, Goutte, Rhumatisme chronique) du Docteur Antoine FLORAND (médecin à l’hôptial de Lariboisière).

 […]

On peut concevoir une nouvelle raison de rapprochement entre les maladies de nutrition par l’analyse des faits thermo-minéraux. Ils constituent des raisons évidentes de croire à la parenté des états pathologiques arthritiques.

C’est un rapprochement a posteriori basé sur l’étude d’un facteur important, celui des résultats thérapeutiques confirmés empiriquement par leur répétition au cours des années.

Il n’y a, en effet, pas de raison pour refuser à ce facteur une importance, pour réunir, dans une même famille clinique, les états pathologiques se révélant tous, malgré des différences cliniques parfois très grandes, comme améliorés par un seul et même agent thérapeutique, en l’espèce la cure thermale. […]

 Les eaux minérales que nous aurons à étudier s’emploient soit en boisson, soit d’une façon externe, en bains, douches, applications locales ou générales, soit à la fois à l’intérieur et à l’extérieur.

Nous ne connaissons rien de bien précis sur leur mode d’action et nous savons même que leur degré de minéralisation ne peut pas toujours être invoqué, pas plus que leur thermalité.

 En boisson, elles peuvent être froides ou chaudes ;
en bains et douches, leur thermalité est le plus souvent élevée et leur action paraît meilleure toutes les fois que l’on peut les employer sans modifier leur température.

 En thèse générale, nous savons que les bains font fonctionner la peau, que le bain chaud augmente l’exhalation d’acide carbonique et l’excrétion d’urée, qu’il diminue au contraire l’excrétion d’acide urique, qu’il calme suivant sa durée et sa température.

 Suivant leur composition, les bains exercent une action de contact sur les nerfs cutanés et modifient par voie réflexe les échanges.

 Les bains sulfureux, toniques et excitants, augmentent l’urée et l’acide urique ; les bains salés augmentent l’urée et diminuent l’acide urique.

 En somme, ils activent les échanges azotés et accroissent l’oxydation des produits de désassimilation des albuminoïdes.

 Les boissons chaudes agissent sur la nutrition générale en dissolvant dans les tissus les déchets accumulés. L’eau froide, surtout alcaline, semble dissoudre dans les reins et entraîner mécaniquement l’acide urique précipité dans les voies urinaires.

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Publicité vantant les biens faits de l’eau de Vittel

 […]

La plupart des stations que nous indiquerons sont connues depuis l’époque gallo-romaine, mais leur usage se bornait à l’amélioration et à la guérison des douleurs de rhumatismes : la goutte, l’obésité, le diabète étaient justiciables de procédés fort différents, quand toutefois on les reconnaissait.

De même que, depuis quelques années, on tend à s’adresser aux spécialistes et à abandonner le médecin qui s’occupe dû malade en général, on a tenté d’attribuer à chaque station hydro-minérale sa spécialité.

 C’est ainsi que Vichy est devenue la station de la lithiase biliaire et du diabète, Vittel celle de la goutte et de certaines formes de lithiase rénale, Royat celle de l’hypertension artérielle.

 […]

Je pense que vous retirerez un bénéfice considérable des indications diverses qui se posent dans chacune des affections que nous avons à envisager, indications tirées non de la maladie, mais du malade lui-même, de l’état dans lequel il se présente à vous au moment il vient vous consulter pour aller aux eaux.

 DIABETE

 Nous commencerons par le diabète sucré, qui est, de toutes les affections ressortant de la diathèse arthritique, celle qui, comme le font observer le professeur Marcel LABBÉ et le docteur GLÉNARD, se réclame le plus utilement de la thérapeutique hydro-minérale.

 Les malades de cette catégorie vont souvent, sans le moindre discernement et sans le moindre conseil médical, boire leur guérison à la même source, sans se préoccuper le moins du monde de la forme de leur diabète, des complications qu’il présente.

 Le médecin devra, au contraire, fournir au malade des indications précises, en s’inquiétant non pas seulement du trouble glyco-régulateur du foie et de la quantité de sucre, mais de son métabolisme azoté, de son acidose, des troubles variés de la nutrition qui l’accompagnent.

 Il devra, en tout état de cause, prévenir le malade que, pendant sa cure, il aura à continuer rigoureusement le régime prescrit par son médecin, que ce régime est la condition essentielle de la réussite de sa cure d’eau.

 Nous ne savons pas, il faut bien le dire, comment agissent les cures hydro-minérales sur le diabète.

Tout au plus, savons-nous que les eaux de Vichy agissent sur le diabète sans dénutrition azotée et qu’elles sont plutôt nuisibles aux malades qui présentent de la dénutrition azotée.

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Nous enverrons à Vichy le diabète hépatique de LABBÉ, c’est-à-dire le diabète à gros foie, à langue saburrale, à digestion lento parfois accompagnée de selles pâteuses diarrhéiques.

Ce malade est souvent un obèse plus ou moins gros mangeur, parfois alcoolique. Il se plaint de lassitude et de douleur dans les jambes. Il peut n’avoir pas de polydipsie, et, le plus souvent, il vient consulter pour des symptômes accessoires qui conduisent à l’examen des urines, dans lesquelles on trouve fréquemment du sucre en assez grande quantité, souvent aussi une quantité indosable d’albumine.

pillar-2666947C’est un malade qui est le triomphe de la cure alcaline et surtout de la cure de Vichy, quelles que soient d’ailleurs l’ancienneté de sa maladie, la gravité au moins apparente de ses symptômes. Soif, polyurie, sécheresse de la bouche et de la peau, irritabilité du caractère, lassitude et insomnie s’apaisent à Vichy, tandis que la glycosurie s’atténue toujours, disparaît souvent, et que l’azoturie revient à ses proportions normales.

 L’amélioration est si rapide que les malades, étonnés eux-mêmes de cette transformation, se croient guéris et en oublient toutes les règles diététiques sans lesquelles — il faut le proclamer bien haut— aucune guérison définitive ne saurait être obtenue.

 

Au prix de ces règles, qui peuvent être faites moins sévères après la cure, on peut voir l’amélioration persister pendant des mois, souvent jusqu’au moment éloigné où le besoin d’une nouvelle cure se fait sentir.

Les complications résultant directement de la glycosurie sont justiciables de la cure de Vichy, qui semble faciliter la circulation en fluidifiant le sang et les humeurs. […]

 

La tuberculose pulmonaire, complication fréquente du diabète, est, à partir du second degré et dans sa forme congestive, une contre-indication formelle. Il en est de même des diabétiques avec hypertension artérielle et sclérose rénale avec insuffisance cardiaque, de ceux avec dénutrition et consomption, enfin des malades atteints de gangrène même au début.

 On a souvent accusé la cure de Vichy d’affaiblir les diabétiques. Vous pensez bien, Messieurs, qu’il ne peut s’agir que des diabétiques qui présentent une contre-indication formelle à renvoi aux eaux de Vichy.

 Il est évident que Vichy n’est pas la seule, l’unique station dans laquelle on peut et on doit envoyer le diabète hépatique.[…]

 Mais il convient, avant de terminer ce qui a, trait aux indications des eaux alcalines de même nature, de citer

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La Bourboule, à la fois eau bicarbonatée, chlorurée, sodique, arsenicale forte (3 grammes environ par litre), à radio-activité élevée, est, par sa composition même, indiquée* chez les diabètes arthritiques débilités en voie d’amaigrissement et de dénutrition, qui ont besoin en même temps d’une cure hydro-minérale, d’une cure d’air et d’altitude.

 

L’action de la cure est rapide. Le sucre diminue, l’urée revient à son chiffre normal. L’arsenic paraît être le grand réducteur de l’hyperfonction de la cellule hépatique.

 

Les forces, l’énergie physique et intellectuelle reviennent rapidement. Les accidents cutanés disparaissent ou s’améliorent, de même que les troubles névritiques. Vous savez quelle est l’heureuse influence de la cure arsenicale dans le diabète. 

L’eau de la Bourboule est mieux tolérée que les préparations pharmaceutiques. Elle doit être administrée avec une extrême prudence. 

Est-ce à dire que la formé bénigne du diabète ne relève absolument que du- groupe des eaux de Vichy, Vals, le Boulou ou même Pougues, et pas de la Bourboule ?

 Pougues-les-eaux

 Nous nous élevons énergiquement contre cette manière de voir ; car nous avons observé à la Bourboule des succès en tous points comparables à ceux obtenus à Vichy dans le diabète floride simple, mais à la condition expresse qu’il ne s’agisse pas de gastropathies hyperpeptiques.
Cette contre-indication est  fonction de la richesse de l’eau de la Bourboule en chlorure de sodium, tandis que l’indication des eaux bourbouliennes dans le diabète simple est fonction de la richesse de ses eaux en bicarbonate de soude unie à la présence d’une quantité notable d’arsenic.

 […]  

vittel

A Vittel, on devra envoyer les glycosuries modérées, à type alimentaire ou à type intermittent, survenant d’une façon passagère chez les malades uricémiques présentant de la goutte ou de la gravelle par intermittences, avec albuminurie de même origine.

Il sera contre-indiqué d’y envoyer des diabètes à grosse quantité de sucre, surtout quand ils présentent de l’acidose.

A Royat, eau alcaline lithinée, légèrement arsenicale, on enverra, tant pour la boisson que pour les bains carbo-gazeux, les diabétiques arthritiques à tendance à l’obésité, à l’hyperazoturie par dénutrition surtout nocturne, avec albuminurie et très légère hyperazotémie, ceux chez lesquels l’hypertension semble plus dangereuse que la glycosurie, ceux aussi qui ont de la tendance à l’artrite oblitérante, aux hémorragies rétiniennes, aux rétinites albuminuriques ou azotémiques.

RoyatThermesGalloRomain

Thermes Gallo-Romains de Royat

On à signalé l’action favorable des eaux de Royat sur les manifestations Cutanées du diabète, sur l’inflammation chronique des muqueuses buccales et pharyngées.

 Je me permets, Messieurs, de vous donner en terminant un résumé, que j’emprunte à la « Clinique hydrologique », des indications des différentes eaux appliquées à la cure générale du diabète.

 Aux eaux bicarbonatées sodiques fortes, Vichy, Châteauneuf, Vals, le Boulou, vous enverrez les diabétiques sans dénutrition de M. LABBÉ, les anhépatiques de GILBERT, ceux dont le diabète est récent avec foie défectueux.

 A Vichy, surtout à Brides (sulfatée carbonatée), vous enverrez les obèses pléthoriques, congestifs, constipés.

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Vic Sur Cère Par NdFrayssinet — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=15890857

 Aux eaux arsenicales fortes, bicarbonatées ou lithinées,
la Bourboule,
Royat,
Vïc-sur-Cère,
Vals, vous enverrez les diabétiques avec dénutrition, avec azoturie, quelquefois avec albuminurie, les hyperhépatiques de GILBERT.

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Les Thermes de Néris Par Félix Potuit — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4911006

Si le diabétique présente des complications nerveuses, névrites, névralgies, vous l’enverrez à Plombières,
Bourbon- Lancy,
Néris.

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Les Grands Thermes de Saint-Nectaire Par Torsade de Pointes — Travail personnel, CC0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=19350335

 S’il est déprimé, asthénique, vous lui prescrirez
la
Bourboule ou
Saint-Nectaire.

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Contrexéville Par Yorick Petey — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=876439

S’il est excitable,
Pougues,
les eaux vosgiennes,
Capvern
lui apporteront du soulagement.

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De style néo-gothique, les thermes du Mont-Dore sont les plus vastes d’Europe http://www.auvergne-tourisme.info/articles/cure-et-soins-v-i-p-aux-thermes-du-mont-dore-545-1.html

S’il présente des troubles respiratoires, vous l’enverrez au
Mont-Dore ou à
la Bourboule.

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S’il a de l’albuminurie ou du diabète albumineux, 
Saint-Nectaire,
Évian dans le premier cas, et dans le second cas
Vichy, Vals, la Bourboule, Saint-Nectaire trouveront leur indication.

Les dyspeptiques iront à Pougues et à Vichy ;

les hépatiques et lithiasiques à Vichy, Vais, le Boulou et Brides ;

les intestinaux à Plombières, Châtel-Guyon et Brides.

[…] à suivre….

 

Nous verrons dans une deuxième partie le traitement thermal de l’obésité , par la suite la goutte et enfin dans une quatrième partie le rhumatisme chronique.

N’hésitez pas à mettre un commentaire et à partager votre expérience.

Egalement, si cet article vous a aidé n’hésitez pas non plus à nous le dire avec un « j’aime ».

Coiffeurs ! Qu’est ce qui vous énerve le plus chez vos clients.

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Coiffeurs, ça vous éneeeeerve !!!

Vous en entendez de toutes les couleurs, et vous faites votre possible pour toujours garder votre bonne humeur et sourire aux bons mots de vos clients, mais là, le vase déborde !

Nous avons interrogé quelques coiffeurs sur les manières de leurs clients qu’ils détestent le plus. En voici un joyeux florilège de leurs confessions :

  • le lapin : c’est de loin votre pire bête noire. Et quand votre cliente arrive enfin, 3/4 d’heure plus tard (quand elle arrive), la bouche en fleur, comme si de rien n’était en lançant un « Aaaah, enfin l’heure de me faire pomponner. Bon… on s’y met ?! ».

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  • le défi impossible : « Vous êtes un tel magicien. Vous pouvez tout faire, j’en suis sûre. » et de vous demander de faire en une heure une coupe vue dans un magazine qui a pris une demie journée à réaliser (et tant de jours de répétition). Evidemment, défi raté, et au vu du résultat, votre client s’empresse de vous faire une réputation exécrable.

 

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  • le sans-gêne : « Allôôôô, ma chériiiie ! Attends, un instant… Vous pouvez arrêter ce sèche-cheveux ? On ne s’entend plus. Y en a qui travaillent, ici ! ».

 

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  • le supplice : Manger une pizza ou un hamburger pendant que vous vous affairez derrière eux et que vous n’avez pas mangé depuis 8 heures du matin. Vous avez beau leur faire remarquer que le ketchup attrape les cheveux qui volent, ils ne comprennent pas le message.

 

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  • le mensonge éhonté : après s’être massacré lui-même les cheveux, que votre client lance un « Cette frange, moi vivante jamais je ne la toucherai » ou encore « Je pense que c’est la formulation de mon nouveau shampoing qui a fait rougir mes cheveux ».

 

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  • L’excuse bidon : toujours après s’être « ratée » : « C’est mon amie Géraldine, qui avait trop d’ajouts qui m’a proposé d’en mettre un ou deux ».

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  • l’affranchissement : découvrir dans la jolie tête blonde de leur progéniture que des milliers de petites bêtes courent partout. Et quand discrètement vous en parlez à leur mère, celle-ci vous demande ce que vous avez bien pu apprendre à l’école si ce n’est de traiter ce genre d’inconvénient : « A quoi servent donc tous ces peignes ? ».

 

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  • l’ingénue : les clients qui vous annoncent tranquillement qu’ils ont une gastro et qui, au lieu de rester se soigner chez eux viennent vous en faire partager les conséquences.

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  • l’appel à témoin : le mari de madame, en instance de divorce, vous demande de témoigner devant le juge car il est convaincu que sa femme vous a confessé ses liaisons multiples. « Son thérapeute ne peut pas témoigner car c’est un vrai professionnel et il est sous secret médical, vous comprenez ».

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Et vous ? Vous avez sans aucun doute votre anecdote à nous faire partager : n’hésitez pas à les ajouter en commentaires. On en raffole ! Alors, à vos commentaires…

Et pour éviter certains désagréments, Caractère Coif’hygiene fabrique des produits qui améliorent l’hygiène du monde de la coiffure :

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Pourquoi utiliser une protection à usage unique de masque lunette 3D

Blog de Caractère hostellerie

l_choisi20pour20site20internetQuelle est l’importance d’utiliser une protection hygiénique lors du port d’un casque réalité virtuelle 3D ?

La réponse est simple et contenue dans la question : l’hygiène.

C’est la façon la plus simple et surtout la plus efficace de limiter la prolifération microbienne de personne à personne.

C’est toujours mieux quand c’est neuf et quand c’est propre !

Les bactéries, les champignons et les virus sont présents et l’objectif est d’éviter la contamination microbienne d’un utilisateur à l’autre.

Pour prendre un exemple significatif, les démonstrations de réalités virtuelles faites lors de salons professionnels ou dans les showrooms.

Le démonstrateur vous donne le casque que la personne précédente vient d’utiliser, sans même le désinfecter. Qu’en pensez-vous ? Oserez-vous l’appliquer sur votre visage ?

La solution est simple.

Pour remédier à cette situation inconfortable et apporter une réelle hygiène visible, le masque de protection jetable de lunettes et casque 3D a…

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